Tristesses
Rêves
Amours
Nature
Voyages
Ivresses
Tristesses
Paroles de chansons
Vers d'autres sites

"C'est un songe..."

Du Bellay, Des Barreaux, Hugo

-----------------------------------------

Las, où est maintenant ce mépris de Fortune?
Où est ce coeur vainqueur de toute adversité,
Cet honnête désir de l'immortalité,
Et cette honnête flamme au peuple non commune?
Où sont ces doux plaisirs, qu'au soir sous la nuit brune
Les Muses me donnaient, alors qu'en liberté
Dessus le vert tapis d'un rivage écarté
Je les menais danser aux rayons de la Lune?
Maintenant la Fortune est maîtresse de moi,
Et mon coeur qui soulait être maître de soi,
Est serf de mille maux et regrets qui m'ennuient.
De la postérité je n'ai plus de souci,
Cette divine ardeur, je ne l'ai plus aussi,
Et les Muses de moi, comme étranges, s'enfuient.

Du Bellay, Les Regrets, 6

---------------------------------------

Tout n'est plein ici-bas que de vaine apparence,
Ce qu'on donne à la sagesse est conduit par le sort,
L'on monte et l'on descend avec pareil effort,
Sans jamais rencontrer l'état de consistance.

Que veiller et dormir ont peu de différence!
Grand maître en l'art d'aimer, tu te trompes bien fort
En nommant le sommeil l'image de la mort:
La vie et le sommeil ont plus de ressemblance.

Comme on rêve en son lit, rêver en sa maison,
Espérer sans succès, et craindre sans raison,
Passer et repasser d'une à une autre envie,

Travailler sans peine et travailler sans fruit,
Le dirais-je, mortels, qu'est-ce que cette vie?
C'est un songe qui dure un peu plus qu'une nuit.

Jacques des Barreaux (1599-1673)

-----------------------------------------------

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Hugo, Les contemplations, "Pauca Meae", XIV

La femme qui pleure, Picasso

La Mélancolie, LJF Lagrenée

Expression des Passions de l'âme : la Tristesse, Jean Audran

Pleurs de Jérémie, Chagall

Nom du site
17/9/99